Archive for novembre, 2005

30nov24 heures de requêtes

L’infoviz consiste à présenter de façon visuelle, les fluxs de communication, l’information, les interactions, en particulier celles qui ont cours sur le web. Le cyber-atlas, au design vieux et moche, est une référence dans le domaine de l’infoviz. Mais il y a aussi cette petite carte du monde, modélisée par les requêtes sur l’omnipotent Google. Naturellement on constate une fois encore l’inexistance d’une partie du monde numérique, mais on voit aussi que les japonais font des heures sup. J’adore ce genre de truc, une autre façon de mettre le monde en image. (via Regarde)

google.com

29novMatch point

Scarlett Johansson et Jonathan RM

Lorsque je vois un film de Woody Allen, j’ai beau faire un effort le film suscite, au mieux un sourire, souvent de l’ennui. Alors bien sûr il y a Accords et désaccords ou La rose pourpre du Caire, mais rien qui ne suscite de passions. J’entends tout le monde qui se tord de rire et moi … rien … alors je fais semblant, et je développe un complexe et je ressemble à ses personnages. Pourtant, cette fois ci, Woody m’a bluffé, épaté. Quand même, quel salaud, quel artiste ! Il a été capable de laisser de côté ses petits tracas, ses petites ritournelles, pour nous proposer un conte cynique et cruel.

C’est une histoire de réussite, mais c’est aussi et surtout une histoire de chance. La chance c’est injuste, tu l’as ou tu ne l’as pas. En l’occurence, Chris, le héros il en a. Et c’est vraiment dégueulasse, parce qu’il est arriviste, hypocrite (bien plus que ses bourgeois de beaux parents), blessant à l’égard de sa femme (qui n’a pas tout pour plaire cela dit), et surtout il traite Nolan (Scarlett) comme un produit consommable peu compatible avec son désir d’ascencion sociale. L’interpretation de Rhys-Meyers est magistrale, froid et calculateur et pourtant soumis aux pires tourments de la culpabilité. Lorsque j’ai vu la Jeune fille à la perle en 2003, je suis tombé amoureux de Scarlett Johansson. J’ai vite repris mes esprits car c’est bien un truc d’adolescent de tomber amoureux d’une héroine de cinéma. Dans Match Point, elle fait évoluer son personnage entre fantasme incarné, jeune femme responsable, puis jeune femme naïve, petite fille fragile… Elle ne fait que confirmer le talent dont elle a fait montre dans Lost in Translation.
Pour une fois je sors de la projection ragaillardi et j’ai hâte d’aller voir le prochain. Pour ceux qui douteraient de l’authenticité Allenienne du film : rassurez vous, il y a tout de même quelques mots qui ne trompent pas « tu sais, leurs névroses se complètent parfaitement, ils vont bien ensemble ». Et puis le personnage féminin est au coeur du film, au centre de toutes les attentions, c’est par lui que tout arrive, par son image fantasmée, par sa réalité aussi.

Match Point
Etats Unis/Royaume Uni, 2004
Durée : 123 min
Réalisation : Woody Allen
Avec : Jonathan Rhys-Meyers, Scarlett Johansson, Emily Mortimer.

29novExpérience de la durée

En ce moment, la création contemporaine est plutôt synonyme de médiocrité, attaquée sur tous les front, celui de l’idée, de la créativité qui n’existe plus et se trouve remplacée par le concept, une sorte de machin inodore qu’on ne comprend pas. Bien sûr, on se garde de le dire pour ne pas passer pour un ignorant. Alors on regarde des monochromes, sans cesse nouveaux, sans cesse monochromes, comme si le temps s’était arrêté en 1919, comme si Malévitch avait mis un point à l’histoire en retirant la représentation, en retirant jusqu’au dessin. Et puis la création contemporaine a remplacé l’idée par la force, la force des corps mis à nus, des images d’horreur, du bruit et des lumières. On ne dit pas forcémment quelque chose mais on se fait entendre, on fait causer.

biennale de lyon

La biennale de Lyon ? Oui pas mal, mais pas top non plus. On a l’impression que Bourriaud et Sans ont cherché le consensus. Comme s’il fallait éviter les vagues qu’a pu connaître le festival d’Avignon. Une peinture exsangue, presque inexistante (le pire ? Par exemple une série de monochromes blancs représentant des écrans vides … vide), des installations sympa mais difficiles à voir à cause de la foule (eh, oui, j’y suis allé un dimanche, quelle misère). Mais quelques moments de grâce tout de même. Par exemple, il y a Jonas Mekas et sa monomanie de prendre des images. C’est pas nouveau et pourtant vraiment dans l’ère du temps alors que tout le monde est équipé en appareils numériques, en portables et autre caméras mémoires du quotidien. Et puis il y a Wim Delvoye, qui délocalise son élevage de cochons capitalistes, le missile de Wang Du que vous croiserez au coin d’une rue, comme si la guerre n’était plus seulement en images.

Si je ne devais en retenir qu’une, ce serait Seven Minutes Before, de Mélik Ohanian. Un film présenté sur sept écrans. Il décompose l’action dans le temps et l’espace en proposant simultanément différent points de vue sur l’action en cours. Regard sur l’actualité couverte sous tous les angles par les caméras du monde, sur le cinéma, figé sur sa ligne de temps, ici démultipliée. Regard sur la durée de l’action, sur le choc des plans qui au lieu de se suivre, se superposent. L’image ne peut être embrassée dans sa totalité, c’est trop large. Alors on en manque, comme on manque certains évenements couverts par les médias, trop d’informations à la fois; pas assez d’yeux et d’oreilles pour capter les flux continus sur les ondes, le web, sur les écrans de télé ou dans les lignes de journaux. Oeuvre de cinéma, oeuvre d’image et de son. Ca reste un dispositif assez simple mais c’est une belle idée, l’expérience de la durée.[Ajout, le 2 décembre : Maintenant que j'y pense, s'il est un cinéaste qui a expérimenté ce type d'approche c'est bien Gus Van Sant. Condamné par ceux qui l'accusent de faire du beau, GVS sait manipuler le temps comme l'image. Il le cadre, zoome, ralentit, repasse. Dans Elephant, film rouleur compresseur, il amène au désastre en explorant l'action sous tous les angles. Dans Last Days (que j'ai moins apprécié mais qui reste un très bon film), on retrouve le procédé mais plus préçis, plus cadré; la revisite d'une séquence en variant les points de vue, un dialogue entre les images; dialogue entre les plans. Ici, ce ne sont pas les personnages qui s'expriment mais les images elles mêmes.]

28novLe cd-rom est mort, vive le cd-rom !

La galette numérique est passé par ce que l’on pourrait appeller, non pas une heure de gloire, mais une période brillante. On a tous chez nous, ces cd-roms, qui sur le musée du Louvre, qui sur les croisades, qui sur la musique classique, les vins de France, etc. En général, ce sont des produits de grande qualité, avec des fonctionnalités bien pensées, un fond documentaire impressionnant et des interfaces souvent très inventives. Mais voilà, le cd-rom, il faut aller le chercher dans la bibliothèque et démarrer l’application. Il faut aussi retrouver ses marques dans l’interface, car chaque CD-rom est unique, il ne se dévoile qu’à condition d’y passer du temps, suffisemment pour en comprendre sa langue. Pour finir, les documents textes des cd-roms sont relativement longs et nécéssittent d’être imprimés pour être lisibles sans provoquer de fatigue visuelle. Des petites contraintes qui font qu’on s’en sert peu, voire jamais. Car le cd-rom a plus à voir avec les médias, qu’avec le monde du livre, on recherche l’immédiat, on veut voir les vidéos tout de suite, on veut consulter les informations en un instant pour les délaisser aussitôt et les reprendre plus tard. Si une information dans un livre peut être trouvée en quelques secondes, le un cd-rom lui nécéssite au moins quelques minutes, le temps de démarrer l’application. Pour cette raison, de nombreux sites internet, réalisés en schockwave (l’équivalent des interfaces cd-roms, réalisés avec Director mais optimisé pour le web) ou en flash, endossent le rôle que remplissaient les cd-roms imparfaitement. Disponible immédiatement, mais aussi riches en documents

La ville qui tue les femmes

Le site Ciudad Juarez, propose un documentaire sur cette ville du Mexique dans laquelle des femmes sont tuées régulièrement, en toute impunité et pour cause, certains des assassins sont des flics ! Le site remplit à merveille, son rôle documentaire, avec cartes, extraits d’entretiens, photos des lieux, et autres documents qui assemblés permettent d’appréhender le problème. L’interface tire parti de l’interactivité, de ce l’on pourrait appeller de la « lecture active ». Puisque la lecture de longs documents est pénible à l’écran, ce type d’interface fonctionnant au puzzle permet d’avoir autant d’information, dispensées au coup par coup, au compte goutte. En feuillettant les documents de Ciudad Juarez, on pense à la cité de Dieu, à la Vierge des tueurs, à Traffic, autant de films qui racontent les gangs, la corruption et la loi du chacun pour soi. Le site accompagne la sortie du livre « La ville qui tue les femmes », il est réalisé par Upian, agence de graphisme web, print et tv.

Via AEIOU.

14novLe matin …

… mon visage fait penser à un mélange entre l’acteur Hugh Jackman,David Trezeguet et Fabien Barthez. C’est le résultat qu’a donné Analogia avec une photo de moi prise au saut du lit (sale traitre samuel, c’est pas humain de se faire flashouiller le visage quand on sort d’un sac de couchage). Au réveil je suis au deux tiers footballeur … je me demande ce que ça donnerais avec une photo d’identité de moi bien réveillé.

10novles bourreaux meurent aussi

2001 l’odysée de l’espace, une stèle, brillante comme du verre, les singes ne comprennent pas, il cognent, il grognent et le spectateur ne comprend pas. 2001, deux stèles monumentales, elles ne brillent plus, Bush ne comprend pas, il grogne et cogne. Le téléspectateur a compris qu’il entrait dans le XXIe. En DVD, aujourd’hui, dans les bourreaux meurent aussi, une stèle monumentale. Je ne comprends pas ce qu’elle fait là, dans un film de 1943 (film de propagande visant à signaler que la collaboration, ça se paye tôt ou tard).
Quelqu’un a une idée sur la nature de cet étrange reflet ?


 

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