Archive for décembre, 2004

20décShe hate me – Spike Lee

Spike Lee nous propose un film 2 en 1 :
Le premier : Jack met au jour un scandale dans la boite dont il est le vice président. Naturellement, il est viré, mais en plus, on lui bloque son compte en banque. Voilà pour la face A.
Et pour la face B : Jack, pour continuer à payer son luxueux appartemment, va faire le commerce de son sperme de grand diplômé de Harvard auprès d’un nombre assez conséquent de lesbiennes, dont fait partie son ex, qui a révélé sa bi-sexualité quelques jours avant le mariage.

Un film policier et une comédie légère dans un seul film. A priori j’ai rien contre, mais on a l’impression de suivre les deux sujets par intermittence. L’intrigue policère, très présente au début, s’efface pour revenir ensuite. Il eut été plus subtil de mêler les deux, mais est-ce possible de mettre en scène deux genres aussi incompatibles?
Spike Lee est plein de bonnes intentions, son film met en scène les travers de l’Amérique d’aujourd’hui, les scandales financiers, l’homophobie, le racisme, l’argent facile, etc. Mais c’est assez malhabile (cela dit, c’est du Spike Lee, faut pas trop chercher non plus), et de temps à autre on sourit (oh, la phrase creuse), ou on soupire parfois (oh que c’est répétitif).
Reste qu’on a droit à quelques très bonnes scènes (le débût du film, le discussion entre Jack et un mafioso qui récite une scène du « parrain », ou le procès qui partage l’opinion publique). Spike Lee est l’un des seuls auteurs noirs américains à pouvoir diffuser ses films, c’est ce qui leur donne une note particulière militante, qui à elle seule sauve ses films du rang de machin anonyme.

She hate me
Etats-Unis d’Amérique, 2004
Durée : 2h18
Réalisation : Spike Lee Scénario : Michael Genet
Avec : Anthony Mackie (Jack Armstrong), Kerry Washington (Fatima Goodrich), Ellen Barkin (Margo Chadwick), Monica Bellucci (Simona Bonasera).

19décMystic River – Clint Eastwood

Jimmy, Dave et Sean ont grandi ensemble dans les rues de Boston. Rien ne semblait devoir altérer le cours de leur amitié jusqu’au jour où Dave se fit enlever par un inconnu sous les yeux de ses amis. Leur complicité ne résista pas à un tel événement et leurs chemins se séparèrent pour toujours – snif -
Jimmy sombra pendant quelque temps dans la délinquance, Sean s’engagea dans la police, Dave se replia sur lui-même.
Une nouvelle tragédie rapproche soudain les trois hommes : Katie, la fille de Jimmy, est retrouvée morte. Le père endeuillé ne rêve plus que d’une chose : se venger. Et Sean, affecté à l’enquête, croit connaître le coupable : Dave Boyle…

J’aimais la pochette, et puis on m’en avait dit du bien de ce film. Mais en le regardant, on compte les minutes (mes deux congénères de visionnement n’ont pas fait comme moi, ils ont compté les moutons, du coup, ils ont dormi pendant la moitié du film).
En fait, les 15 premières minutes ont aiguisé mon intérêt: une jeu innocent finit dans l’horreur. C’est bien filmé, et c’est émouvant, le reste du film est bien filmé aussi. . .
Mais c’est mou, assez caricatural, et pour détruire le peu d’estime que je pouvais avoir du film, ça finit n’importe comment.

Attention, si vous ne voulez par que je raconte la fin, arrêtez de lire immédiatement. Vous continuez? Bon, vous l’aurez voulu. Alors voilà, comme M. Eastwood, ne savait pas comment terminer son film, il a simplement décidé de faire tuer Dave le traumatisé par Jimmy le père vengeur au moment même où Sean découvre la vérité (le tueur est le frère de la petite amie de la victime, vous suivez?). Bref, c’est un peu tarte comme fin.

Mystic River
Etats-Unis, 2003
Durée : 2h17
Scénario : Brian Helgeland Réalisation : Clint Eastwood
Avec : Avec Sean Penn, Kevin Bacon, Tim Robbins …

17décDe l’art si je veux

L'illustration fait référence à un autre travail de Nicolas Clauss : SomnanbulesLe dernier travail de Nicolas Clauss, « De l’art si je veux » est en ligne. Il est le fruit d’une réflexion amorcée sur l’art moderne lors d’une résidence à l’ECM de l’ESPAL au Mans, avec des jeunes adolescent de quartiers populaires. L’oeuvre en ligne reprend les principes de Flying puppet. A savoir des tableaux interactifs très graphiques et poétiques. On y trouve des référence à Duchamp, Munch ou Spoerri. C’est un régal comme toujours avec les gourmandises que concocte Nicolas Clauss.

En passant : comparez le « site » de l’ecm de Poitiers avec celui du Mans. Le premier de ces ECM est implanté dans un centre de culture scientifique, l’autre est dans un théâtre et ça se voit!

16décLe monde en vingt minutes

Le monde de la presse est dans la tourmente, ce n’est une surprise pour personne.
Entre les licenciements et les suppressions de certaines pages (les pages culture sont toujours les premières à passer à la corbeille), on va finir par tourner définitivement la page sur l’un des secteurs les plus importants de l’activité humaine du XXème siècle, que dis-je, un moteur pour nos sociétés toujours nécéssiteuses d’informations pour rester compétitifs >:)

La faute à qui? Sans doute à « l’information légère ». A force d’être informé un peu de tout, on est informé sur rien. On suit la télé, la radio et on lit ces petits journaux gratuits qu’on trouve dans le métro des grandes villes. Quand on rentre chez soi, on a pas trop le temps de lire le journal parce qu’on a de la musique à écouter, une télé à regarder, un dossier spam à vider, des mails à écrire, et un magazine, un bouquin ou même une notice machine à laver pour ceux qui viennent de s’acheter une nouvelle machine à laver. Du coup, on achète moins les journaux écrits par de vrais journalistes (et là, je me dit qu’il faudrait que les gens évitent d’acheter trop de machines à laver).

Le journal « Le Monde » n’échappe pas à la déferlante « information légère ». Ils sont tellement aux abois qu’ils font de la pub à la concurrence pour les traîtres de ving minutes, l’un des journaux gratuits les plus chers pour la rédaction du « Monde ». Aujourd’hui même, un immense bandeau barre les pages de Lemonde.fr. Il annonce que « Vingt minutes » cherche une salle des fêtes pour faire une sauterie avec ses 2.000.000 de lecteurs. Quel culot.

15décPale male

Connaissez vous l’histoire de pale male? Cherchez pas du côté des cigarettes ou des grands blond habitant au nord de l’Europe. Non en fait il s’agit d’un faucon qui avait son nid depuis une dizaine d’années sur une corniche du 12 ème étage d’un immeuble New Yorkais. Il était célèbre le volatile, il avait ses fans qui venaient l’observer régulièrement dans les jumelles installée à cet usage dans Central Park, il représentait un petit bout de nature sauvage dans la ville, etc.

Du coup, le jour où les copropriétaires du luxueux immeuble ont expulsé l’oiseau, la foule a envahi la rue pour protester. Des actions ont été lancées à l’encontre des méchants propriétaires (surtout des petites vieilles, elle avaient horreur de trouver des reste de pigeons ou de rats sur le trottoir après les repas du volatile), des lettres ont été envoyées aux pouvoirs publics et le site NYC Audubon lance une pétition sur son site.

Aux dernières nouvelles, il serait question de reloger Pale Male sur le toit de l’immeuble, dans un aménagement conçu exprès pour lui. Affaire à suivre donc :)

PS : ça n’a rien à voir, mais ratez pas « Sarabande », le dernier film d’Ingmar Bergman, suite de « Scènes de la vie conjugale ». Le film passe dans les salles équipées en vidéo haute définition ou sur Arte le vendredi 17 décembre à 20h45 (en VF) ou le dimanche 19 décembre à 23:50 (VO st)

09décLa déficience en hormones de Tintin

Le journal de l’association médicale canadienne a publié dans son édition du 7 décembre, les conclusions d’une étude sur la déficience hormonale de Tintin, le gentil reporter.
L’équipe à l’origine de l’étude est assez inhabituelle puisqu’elle est composée de Claude Cyr, professeur associé de médecine à l’université canadienne de Sherbrooke, et de ses enfants Antoine et Louis Olivier âgés de 5 et 7 ans.

A la lecture de cette étude on perçoit clairement les raisons qui font que Tintin n’a pas de poils au menton. La liste est longue, des chutes, blessures par balle, accidents de voitures et autres coup de batons, il semble évident que Tintin a dévellopé une « déficience en hormone de croissance et hypogonadisme hypogonadotropique acquis ». Ce disfonctionnement est évidemment à l’origine du manque de libido du personnage.

La rumeur qui fait référence au penchants gérontophiles de Tintin est infondée. On a pas assez de preuves pour statuer sur une éventuelle liaison avec le professeur tournesol.

L’article original(en anglais)
Article sur lemonde.fr

07décCyberzoo

J’ai toujours rêvé de pouvoir observer les méfaits d’un virus en toute sécurité, Cyberzoo l’a fait, et pas besoin d’entrer dans un laboratoire P4 (un amd suffirait :- )

Le principe du site est de répertorier les virus et de faire de petites démonstrations de leurs actions sur le sytème infecté. Il se présente comme un facteur de sauvegarde de la biodiversité. On sourit, mais je crois que c’est important de conserver le patrimoine informatique, même lorsqu’il s’agit de programmes néfastes.

Il y a aussi une rubrique de liens intéressants comme cette carte du monde actualisée en temps réel, qui dispense la répartition des virus les plus actifs dans le monde.

06décLeçon de dérision à l’Américaine

Je l’avais vue, puis je l’ai perdue de vue, puis je l’ai retrouvée sur Nova planet, il s’agit d’une petite vidéo réalisée à la fin de la présidence Clinton. On y voit le président un peu désoeuvré qui expérimente les rudiments de sa nouvelle vie de retraité.
C’est dommage que nos hommes politiques français ne soient pas capable d’autodérision comme c’est la cas outre atlantique, on rigrolerait bien.

Cliquez sur le lien ci-dessous pour voir la vidéo en quicktime sur le site political humor.com. Attention pour les non anglophones : il y a quelques éléments de dialogues mais la bande son n’est pas sous-titrée.

Voir la vidéo[ADSL indispensable]

04décTarnation – Johnatan Caouette

TARNATION est l’autoportrait psychédélique de Jonathan Caouette, 31 ans, qui, dès l’âge de 11 ans, décide de filmer la chronique chaotique de son enfance dans une famille texane. A partir d’instantanés et de films d’amateur, ce carnet intime décrit la relation qui se noue avec sa mère, Renée, dont un traitement d’électrochocs a gravement altéré la personnalité.Tandis qu’elle passe le plus clair de son temps en hôpital psychiatrique, Jonathan grandit dans des foyers et chez ses grands-parents, des gens super sympa mais pas très clairs…

La caméra apparait comme un refuge, un moyen de contrer, par l’imagination, les tourments qu’il vit au quotidien au sein de familles d’accueil douteuses ou au domicile de ses grands parents. Monté comme un clip psychédélique, le film vomit le flot d’images emmagasinées depuis tout petit. Le montage, les effets sonores et la musique, appuient le défilement des années (80 puis 90).
Certains moments du film sont très impressionnants à tel point qu’on a l’impression qu’il s’agit de fait inventés (comment un gamin de 11 ans peut-il « jouer » (au sens propre) devant la caméra, le rôle d’une prostituée obligée d’avorter?). Il y a de la mise en scène par ci par là, parfois par simplicité (ça évite d’afficher des cartons pour raconter un truc). Mais le film apparait surtout comme un exorcisme, une façon de se confronter au réel, mais de biais.

Tarnation
Etats-Unis, 2004
Durée : 1h28
Réalisation et scénario : Johnatan Caouette
Avec dans leurs propres rôles : Johnatan Caouette, Renée Leblanc, David Sanim Paz, Rosemary Davis, Adolph Davis

03décAaltra – Gustave de Kervern et Benoît Delépine

Face à face en rase campagne, quelque part dans le nord de la France, deux voisins se dérangent et se détestent. A la suite d’une violente dispute ils se retrouvent écrasés sous une benne agricole. Paralysés des deux jambes et sortent de l’hôpital en chaises roulantes. Après réflexion, chacun renonce au suicide, ils se retrouvent par hasard sur le quai de la gare.
Commence alors pour eux un voyage improbable et atypique, dont la finalité sera d’aller réclamer des indemnités au constructeur du matériel agricole qui se trouve en Finlande.

Le film commence comme une grosse blague, puis petit à petit, il glisse vers quelque chose de mélancolique. Les deux zouaves en fauteuil roulant apprennent à vivre autrement. Quelques amis apparaissent (Benoit Poelvoorde en beauf amteur de moto cross), on assiste à des scènes savoureuses comme l’impuissance des deux bonhomme pris, en fauteuil roulant, par la marée montante, ou une séance de karaoké animée par un chanteur pitoyable.
Reste que la fin du film est un peu décevante car elle est montée comme une chute, ce qui boucle avec le côté face du débût, mais déçoit un peu.

J’ai vu le film au Dietrich, Benoit Delépine était là pour nous le présenter et nous donner quelques anecdotes de tournage. Par exemple, le film a été tourné en prenant de gens au hasard dans la rue ( « dis tu voudrais tourner dans un film? – Tu sais pas faire? – C’est pas grave, tu vas voir, ça va très bien se passer » ), du coup, c’est ce qui donne au film un petit vent de fraicheur.

Aaltra
France, 2004
Durée : 1h32
Réalisation et scénario : Gustave de Kervern et Benoît Delépine
Avec : Benoît Delépine, Gustave Kervern, Jan Bucquoy …

 

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