Archive for novembre, 2004

30novLes chercheurs de trésor

T1. L’ombre de Dieu
En l?an 808, sous le règne du calife Haroun-al-Rashid, la corporation des chercheurs de trésor se réunit secrètement, et décide de prendre en chasse l?homme qui jadis a volé l?ombre de l?un d?eux. Mais ce voleur n?est pas n?importe qui. Il s?agit du Prophète Voilé, puissant et mystérieux bandit qui pourrait bien s?emparer du trône du calife.

T2. La ville froide
le Prophète Voilé répand un voile noir sur la cité et, alors qu’il gagne en puissance, il vole l’ombre de Nasir, l’enfant de la princesse Diya.
Le bourreau, va faire appel à ses confrères chercheurs de trésor, pour redonner une ombre à l’enfant de Diya. Il aime la princesse mais celle-çi a peur de lui (c’est pas facile de draguer quand on est un bourreau).

L’action de cette série est située à Bagdad, et l’histoire témoigne du caractère interlope de la ville à cette époque. Il s’inspire des légendes de Perse, d?Arabie, des Balkans ou de l?Inde pour nous raconter cette histoire tantôt inquiétante, tantôt amusante (on y voit des monstres tels que ceux que l’on trouve dans « L’ascension du haut mal », ses ouvrages autobiographiques). Le mélange de fantasmes et d’éléments tirés de la culture orientale, permet de donner à l’histoire toute son originalité.

26novDu prix des mots

Les mots avaient déjà une sorte de valeur d’échange, mais nous le réalisions à peine : si j’insulte quelqu’un, je recevrai quelquechose en retour, un coup de poing dans la figure par exemple. Désormais aucun doute n’est plus permis. Le mot « sex » vaut $3 837, le mot « art » $410 et « net art » seulement $0,05 (prix au 11 avril 2002). Quant au mot le plus cher, c’est « free » (gratuit)! Les prix sont déterminés selon le nombre de requêtes et un Coût-Par-Click moyen.

Cette observation sert de conclusion une la petite expérience de Christophe Bruno. Expérimentation qu’il a mené en 2002 et qui consiste à acheter des mots sur Google afin de publier de petits poèmes en lieu et place des habituels liens promotionnels du moteur de recherche.
L’expérience met en relief les mécanismes qui donnent à Google un pouvoir sur l’usage des mots. Un pouvoir bien innofensif pour le moment mais qu’en sera t-il à l’avenir, si on généralise ce mode de pensée? Une censure automatique exercée par les lois du marché, un usage libéral des mots …

Voir le site

25novSuicide à la silicone

Tout commençe par une blague publiée sur le site Xbox Mag. Celui-ci annonce le retard de la sortie d’un jeu vidéo dont les héroïnes sont siliconnées. Le chapeau du message annonçait :

La nouvelle a provoqué un drame au pays du soleil levant : 147 otakus se sont suicidés en gobant des poches de silicone pour protester contre ce report de la part de Tecmo.

Quelques mois plus tard, Libération.fr publie l’information, puis c’est au tour de France 2, qui s’en sert d’accroche pour une brillante démonstration. Je résume le sujet du reportage : Au japon, les jeunes se suicident en groupe, parfois en avalant des poches de siliconne, toutes ces pratiques déviantes sont dûes aux jeux vidéo qui agissent comme une drogue. La preuve, les jeunes, parfois, portent des T-shirt à l’effigie d’un petit bonhomme toujours en souffrance, un personnage appellé Keny (wah la pratique déviante, super nouvelle).

Sans commentaire … Et pendant ce temps là, la presse écrite se meurt (bon c’est vrai, Libération c’est pas vraiment la presse des mots, mais plutôt celle des photos).

24novSeul contre tous – Gaspard Noé

Un boucher tente de refaire sa vie après un passage en prison pour passage à tabac (l’avait massacré un gus qu’il souponnait d’avoir touché à sa fille). Il compte bien sur sa bonne étoile pour se refaire, manque de pot, ses amis sont aussi fauchés que lui, il n’y a pas de boulot, un arabe a repris son ancienne boucherie et roule sur l’or, le boucher rumine sa haine, il va se venger, c’est sûr.
Le ton est donné : entre les scènes de coup de pieds dans une femme enceinte, une autre qui montre l’inceste, ou l’homophobie, et le racisme incurable, ce film est politiquement incorrect. Il caricature les affres et le caractère des petites gens qui n’ont pas eu de pot. De ceux que personne n’écoutent et qui finissent fatalement par en avoir contre la terre entière (et votent front national).

Ce film met en scène un ignoble individu complètement ammoral, le mec devenu sans foi ni loi, qui jure, qui cogne sur tout ceux qui se trouvent sur son chemin. Cela dit, il a toutes les raisons du monde pour être une boule de haine, sa fille est autiste, la viande de cheval ne se vend plus, on l’a mis en prison, il en sort sans le sou, sans boulot, sa nouvelle maitresse l’emmène vivre avec sa mère, etc. du coup on peut pas trop lui en vouloir … argh. C’est politiquement incorrect, ça fout mal à l’aise.
C’est un bon film, un peu violent, mais vous êtes prévenus (ça n’empêche pas certains de descendre le film en associant les pensées du réalisateur aux propos du personnage).

Seul contre tous
France, 1998
Durée : 1h30
Réalisation et scénario : Gaspard Noé.
Avec : Philippe Nahon, Blandine Lenoir, Franckie Pain, Martine Audrain, Jean-François Rauger, Guillaume Nicloux, …

23novNobody knows – Hirokazu Kore-eda

Ils sont quatres, de 4 à 14 ans, ils vivent dans un tout petit appartement et sont tous de père différent. Leur mère leur demande de rester en permanence à la maison, de ne pas faire de bruit pour ne pas éveiller les soupçons car les enfants ne sont pas scolarisés. Un jour la mère s’en va, laissant un peu d’argent. Charge au plus grand de s’occuper de ses petits frères et soeurs.

Au début, tout marche plutôt bien. Les enfants se débrouillent, ils passent noël sans leur mère, se font des cadeaux. Mais bien vite, la petite famille vacille, il n’y a plus d’argent, l’électricité, puis l’eau sont coupés. On descend en douceur vers l’enfer à mesure que les difficultés ou les frustrations apparaissent.

Kore-eda a su tirer le meilleur des enfants, ils jouent dans le film comme ils jouent dans la vie. La caméra, intimiste, laisse le temps se dérouler à mesure des saisons, elle tenue de main de maître pour nous donner des images doucereuses, mélancoliques. Enfin la mise en scène manque parfois d’originalité (on aurait pu enlever quelques trucs) est parfois très judicieuse (la scène de fin en particulier est terrible, mêlant des images, et des sons qui entrent en conflit avec la situation).
Le sujet aurait pu amener à verser dans le pathos, mais le réalisateur a sû doser afin de na pas trop en faire, et c’est ce qui rend la mise en scène d’autant plus efficace.

Nobody knows(Dare mo shiranai).
Japon, 2004
Durée : 2h20
Réalisation et scénario : Hirokazu Kore-eda.
Avec : Yuya Yagira (Akira), Ayu Kitaura (Kyoko), Hiei Kimura (Shigeru), Momoko Shimizu (Yuki), Hanae Kan (Saki), You (Keiko, la mère).

22novA l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie

« Nous sommes dans les années 80, le sida fait son apparition, on ne connait psa vraiment ses mécanismes, on sait seulement qu’il ne ne guérit pas. Hervé Guibert découvre qu’il est atteint du sida. Il commence un journal,dans lequel il raconte ses derniers mois. Il y raconte ses amis (Marine, l’actrice lunatique, Bill l’ami qui ne lui a pas sauvé la vie, Michel Foucault alias Muzil, etc.), il y raconte sa maladie. C’est cruel, parfois drôle, parfois poignant et le livre relate pas à pas la progression de la maladie, qui laisse le temps de mourir, et du coup, fait aimer la vie.

A l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie
Editeur(s) :GALLIMARD
Collection : BLANCHE
Genre : ROMAN CONTEMPORAIN
Date de Parution : 02/03/1990

Présentation : Broché – 276 pages – 326 g – 14 cm x 20 cm
ISBN : 2070718905 – EAN : 9782070718900

19novMysticisme et croque monsieur

Après la légendaire histoire des chats bonzaï et autres phénomènes de fendage de poire pris au sérieux, voici venu le temps du croque monsieur mystique. Celui ci est à vendre sur Ebay, il date d’une dizaine d’année, mais faut surtout pas le jeter, mon dieu non!
Tel le sait Suaire, il affiche un visage, sauf que cette fois ci, c’est la vierge marie qui fait un tour de passe passe (la vierge marie sur un croque monsieur … ça laisse songeur, un message de l’église peut-être).

L’heureuse cuisinière qui vend ce prodige sur le net, risque aujourd’hui d’empocher pas moins de 7.600 $ US (prix au 19 novembre à 19h48). Du coup, ya plein de gens qui ont trouvé des images saintes sur leurs sandwichs ces derniers temps :) Je commence à réfléchir à un projet de site commercial. J’ai déjà ébauché le projet de vendre la trace de la main de Jésus sur un tapis à souris, voire celle de Georges Bush sur les pages d’un livre!

17novTchou tchou

L’annonce proposait « stage webmaster – infographie ». A priori, c’est pas trop ce que je recherche mais j’ai postulé. En deux temps, trois mouvement, on convient d’un rendez-vous pour le lendemain.
Continue reading ‘Tchou tchou’

16novLes revenants – Robin Campillo

Un jour, on ne sait pourquoi, on ne sait comment, les morts reviennent. On les retrouve, vêtus de blanc, frais et prêts à réintégrer leurs familles comme si de rien n’était.
L’idée est séduisante, d’autant que le film promettait de s’écarter des poncifs du genre, en proposant de mettre en perspective la dimension sociale et humaine du phénomène. Comment réinsérer les revenants, pour la plupart âgés? Comment les réintégrer dans les familles, effacer le traval de deuil?
En fait, toutes ces questions sont survolées et les personnages sont plutôt superficiels. On se trouve finalement devant un banal film fantastique.

Ce qui sauve le film, c’est sa plastique. Des images soignées, un rien cliniques, ou propres comme une pub, une façon de plonger le spectateur dans un léger malaise. Et puis, il y a des scènes spectaculaires comme ce flot de personnes qui sortent du cimetière et empruntent les rues, réalisées sans effets elle n’en sont que plus efficaces. Pour nuancer : le réalisateur a tout de même utilisé un effet complètement naze, qui, ajouté à une pirouette scénaristique, achève l’intérêt qu’on pouvait porter à l’histoire. On a l’impression qu’il ne savait pas comment finir, j’en suis sorti déçu. C’est un premier film, on espère un peu plus d’humanité dans les personnages de ses prochains films (on espère aussi une direction d’acteur un peu plus soignée).

Les revenants
Réalisé par Robin Campillo
Avec :Géraldine Pailhas (Rachel), Jonathan Zaccaï (Mathieu), Frédéric Pierrot (Gardet), Catherine Samie (Martha).
Durée : 1h45
Production : France

15novL’E-responsabilité

Souriez s'il vous plait« On va connecter nos frigos, nos grille pains, nos voitures et peut-être même nos wc, nos coton-tiges et autre produits que nous offrira le monde moderne » Voilà à peu près la promesse formulée par nos hommes politiques, théoriciens des médias, enseignants et autres spécialistes. D’abord, on en doute, on en voit pas l’intérêt.

Et puis le jour où on déménage, on se dit que c’aurait été plus pratique d’avoir un service unique de changement d’adresse (à condition de pouvoir exclure les indésirables qui veulent nous piquer nos sous :) . Et puis, on trouve ça sympa de pouvoir acheter sa baguette de pain sans trimballer trois kilos de pièces jaunes grâce à Moneo, on apprécie la précision du médecin qui connait tout de nous grâce à son pc connecté à la sécu. Je pourrais parler des cartes de fidélité des supermarchés qui nous font gagner des bons d’achat en échange d’infos sur notre consommation, des voitures qui seront reliées au réseau pour assurer notre sécurité, des caméras sur la route pour sanctionner les ivrognes, de celles qui sont fichées à l’avant des bus, placées dans la rue, les magasins, etc.

A force, on risque de voir se constituer une sorte de double virtuel de nous même. Un double qui pourrait être interrogé à notre place pour savoir ce qu’on aime, ce qu’on fait dans la vie, etc.
Bref, un salaud qui pourrait par exemple renseigner m.Propre pour lui dire ce que je préfère comme parfum de toilettes. Dès lors m. gros bras, le spécialiste en nettoyage de wc me contacterait pour m’expliquer comment donner un air champêtre à mes toilettes. On me proposera des pubs ciblées, on me suivra à la trace, ma maison vivra toute seule sans moi, un jour elle me mettra dehors et pour finir on supprimera le droit de vote devenu inutile. Du coup, on pourra plus revenir en arrière, l’heure de Big Brother sera venue. Georges Orwell l’avait prévu pour 1984, quel pessimiste.
Allez on va dire 2014 en prenant de la marge.


 

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