Depuis quelques temps, on a l’impression que l’écologie est un truc de rabat-joies qui souhaitent nous asservir en nous obligeant à manger bio, à nous habiller équitable, à ne pas manger cette viande rouge énergivore et délicieuse.
Ces nouveaux prophètes aimeraient aussi supprimer tout plaisir, évidemment coupable, ou en tout cas, savourer pleinement notre culpabilité d’avoir foutu en l’air et nous condamner à l’austérité en chantant. Dieu est mort peut-être, mais la foi certainement pas.
C’est assez triste de voir se dessiner ce type de portrait de l’écologiste moyen, car il est parfaitement faux.
Je ne nie pas l’existence de ce type de nouveaux intégristes, il y en a, ils sont de plus en plus visibles et c’est le signe que l’écologie a un impact réel dans la gouvernance de nos sociétés. On connait les intégristes du libéralisme, de la gauche, de la droite, d’en haut, voire d’en bas…
Mais l’écologie, tout le monde en parle, mais c’est quoi en réalité ? C’est (d’après moi) un courant de pensée qui vise l’efficacité à la fois au niveau local, mais aussi au niveau global.
Concrètement, cela suppose de faire la comptabilité des externalités positives et négatives d’une action, puis de sanctionner les actions dont le bilan comptable est assez mauvais. En d’autres termes,ceux qui gagnent beaucoup d’argent avec une activité polluante, sont obligés de reverser une certaine somme pour corriger l’impact négatif (sur la santé, l’emploi ou l’environnement naturel, etc.) de leur activité. Évidemment, c’est l’État ou les organisations internationales, qui ont la charge de superviser cette comptabilité et la tâche est ardue comme on le voit avec l’application de taxes carbone dans les pays européens.
Pourtant, si on adoptait ce type de raisonnement, il serait plus rentable de choisir des solutions modernes et peu polluantes, plutôt que des systèmes foireux et obsolètes.
On interdit rien, mais tout le monde se tourne vers les solutions écologiques, tout le monde est content et y’a pas de vieux grincheux tout gris et triste pour nous faire la morale.
Pourquoi je parle de tout ça ? Parce que j’ai vu le petit film ci-dessous, créé par divers organismes de protection de l’environnement. Il explique simplement le phénomène absurde qui nous a amené à acheter de l’eau vendue dans des bouteilles en plastique pour la boire, alors que l’eau est partout présente.
C’est très didactique, pas grincheux ou sentencieux et ça explique les choses assez justement sans rameuter les prophètes annonciateurs de la fin du monde. Le projet est visible sur http://storyofstuff.org/bottledwater/
Vous avez aimé Muto, vous adorerez Combo, la dernière réalisation de Blu et David Ellis, réalisée en stop motion et avec beaucoup de peinture.
J’ai entendu parler de la nouvelle campagne de French Connection hier soir lors d’une discussion avec amis esthètes. La question était : s’agit-il d’un plagiat ou d’une citation du film de Jorgen Leth, The perfect human ?
Je n’ai pas vu ce film réalisé en 1967, mais j’ai pu en voir des extraits dans le film de LVT qui joue les pervers en demandant à Jorgen Leth de refaire The Perfect Human en respectant des contraintes du genre « refaire le film avec des plans de 5 images maximum » ou « refaire le film mais dans l’endroit le plus sordide que tu connaisse ». C’est bien un film de LVT.
Alors ? La campagne de French Connection ? A priori, je dirais que Fallon, l’agence qui est l’origine de cette jolie série de petits films, a fait une citation. Mais, en même temps, je ne peux pas m’empêcher de penser que c’était bien pratique d’avoir sous la main cet univers, cette façon d’écrire, de dire et de filmer. Et puis, si The perfect Human était un film ultra grand public, la citation n’aurait pas été équivoque. Donc on est peut-être bien face à un « bel » exemple de plagiat.
Ca n’empêche qu’on a là une série de petits films très beaux, à voir sur le profil youtube de French connection.
Pour se faire connaitre, Clipit Production, un collectif de vidéastes, a réalisé cette petite comédie musicale qui prône le retour de Burger King en France (la marque a quitté le pays en 1997). Un sujet qui fleure bon la nostalgie, surfe sur l’anti-mac-donaldisme et donc un sujet idéal pour favoriser une dispersion à grande échelle sur le net.
La vidéo s’accompagne d’un site internet intitulé Back In France. La révolution est partout.
Dokuman, quand la danse donne de la voix ! from Can Özdemir on Vimeo.
Dokuman est un mot inventé. C’est aussi, et surtout, le nom de la pièce que les chorégraphes Mustafa Kaplan et Filiz Sizanli interprèteront sur la scène du Centre national de la danse à Pantin durant trois représentations, les 27, 28 et 29 janvier 2010.
Une pièce où les danseurs, au nombre de quatre, donnent de la voix en jouant notamment sur la polysémie du mot titre. A savoir, « Dokuma », qui signifie « textile », « Document », qui se réfère au texte et Doku, qui signifie « texture ».
Dokuman se joue au Centre national de la danse à Pantin du 27 au 29 janvier 2010.
Renseignements au CND :
T.01 41 83 98 98
http://www.cnd.fr/accueil
France 24 revient sur le webdocumentaire d’aujourd’hui, et de demain.
L’essor du Webdocumentaire (France 24) from davduf on Vimeo.
… et dans l’autobus !
Une chorégraphie à couper le souffle, une plume digne des meilleurs chansonniers français, c’est le cocktail joyeux de cette pub pour le métro, cet art de vivre qu’il était urgent de promouvoir au moment même où les villes étaient au bord de l’asphyxie dans les années 70. C’est n réalité une pub québécoise mais j’imagine qu’on commençait la bas aussi à ressentir l’impasse du tout automobile.
De tout ce qui est écrit, je n’aime que ce que l’on écrit avec son propre sang. Écris avec du sang et tu apprendras que le sang est esprit.
Il n’est pas facile de comprendre du sang étranger : je haïs tous les paresseux qui lisent.
Celui qui connaît le lecteur ne fait plus rien pour le lecteur. Encore un siècle de lecteurs — et l’esprit lui même va se mettre à puer.
Que chacun ait le droit d’apprendre à lire, cela gâte à la longue, non seulement l’écriture, mais encore la pensée.
Jadis l’esprit était Dieu, puis il devint homme, maintenant il s’est fait populace.
Celui qui écrit en maximes avec du sang ne veut pas être lu, mais appris par cœur.
Sur les montagnes le plus court chemin va d’un sommet à l’autre : mais pour suivre ce chemin il faut que tu aies de longues jambes. Les maximes doivent être des sommets, et ceux à qui l’on parle des hommes grands et robustes.
L’air léger et pur, le danger proche et l’esprit plein d’une joyeuse méchanceté : tout cela s’accorde bien.
Je veux avoir autour de moi des lutins, car je suis courageux. Le courage qui chasse les fantômes se crée ses propres lutins, — le courage veut rire.
Je ne suis plus en communion d’âme avec vous. Cette nuée que je vois au-dessous de moi, cette noirceur et cette lourdeur dont je ris — c’est votre nuée d’orage.
Vous regardez en haut quand vous aspirez à l’élévation. Et moi je regarde en bas puisque je suis élevé.
Qui de vous peut en même temps rire et être élevé ?
Celui qui plane sur les plus hautes montagnes se rit de toutes les tragédies de la scène et de la vie.
Courageux, insoucieux, moqueur, violent — ainsi nous veut la sagesse : elle est femme et ne peut aimer qu’un guerrier.
Vous me dites : « La vie est dure à porter. » Mais pourquoi auriez-vous le matin votre fierté et le soir votre soumission ?
La vie est dure à porter : mais n’ayez donc pas l’air si tendre ! Nous sommes tous des ânes et des ânesses chargés de fardeaux.
Qu’avons-nous de commun avec le bouton de rose qui tremble puisqu’une goutte de rosée l’oppresse.
Il est vrai que nous aimons la vie, mais ce n’est pas parce que nous sommes habitués à la vie, mais à l’amour.
Il y a toujours un peu de folie dans l’amour. Mais il y a toujours un peu de raison dans la folie.
Et pour moi aussi, pour moi qui suis porté vers la vie, les papillons et les bulles de savon, et tout ce qui leur ressemble parmi les hommes, me semble le mieux connaître le bonheur.
C’est lorsqu’il voit voltiger ces petites âmes légères et folles, charmantes et mouvantes — que Zarathoustra est tenté de pleurer et de chanter.
Je ne pourrais croire qu’à un Dieu qui saurait danser.
Et lorsque je vis mon démon, je le trouvai sérieux, grave, profond et solennel : c’était l’esprit de lourdeur, — c’est par lui que tombent toutes choses.
Ce n’est pas par la colère, mais par le rire que l’on tue. En avant, tuons l’esprit de lourdeur !
J’ai appris à marcher : depuis lors, je me laisse courir. J’ai appris à voler, depuis lors je ne veux pas être poussé pour changer de place.
Maintenant je suis léger, maintenant je vole, maintenant je me vois au-dessous de moi, maintenant un dieu danse en moi.
Ainsi parlait Zarathoustra.
Friedrich Nietzsche
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